Tribune de Mulhouse Alsace Agglomération et Tallano Technologies : améliorer la qualité de l’air, les solutions existent !
La question de la qualité de l’air dans le tissu urbain s’impose comme l’un des défis majeurs de santé publique et de politique urbaine. Pourtant, le débat se concentre encore trop souvent sur les émissions des moteurs thermiques, en oubliant une source de pollution bientôt dominante : les particules fines issues des systèmes de freinage.
Des enjeux vitaux, un impératif économique
Investir pour améliorer l’air que nous respirons est une nécessité absolue. L’exposition aux particules fines est reconnue comme le 7e facteur de risque de décès dans le monde. Chaque année, environ 250 000 personnes meurent prématurément en Europe à cause de l’air qu’elles respirent, selon l’Agence européenne pour l’environnement (AEE). Certaines zones sont particulièrement exposées, comme les centres-villes et les espaces de transport souterrains.
Mais il s’agit aussi d’un impératif économique. D’après une récente étude d’Airparif, la pollution de l’air coûte 28 milliards d’euros par an en Île-de-France — un coût colossal lié à la mortalité prématurée, aux soins, à la perte de productivité, à la baisse de la qualité de vie et à l’accompagnement social. Agir pour un air plus propre, c’est donc non seulement sauver des vies, mais aussi économiser durablement les ressources publiques.
L’enjeu méconnu des particules fines émises par les freins
Si chacun connaît la nécessité de réduire les émissions des échappements des véhicules thermiques, les particules fines générées par le freinage restent encore largement ignorées. Pourtant, à mesure que les véhicules électriques se généralisent, ces émissions deviendront la principale source de pollution atmosphérique liée à la circulation. Elles sont déjà la principale cause de pollution dans les réseaux de métros. L’Union européenne ne s’y est pas trompée : la nouvelle norme Euro 7, adoptée en 2024, inclut pour la première fois des limites spécifiques aux émissions issues des systèmes de freinage.
L’enjeu est d’autant plus important pour les véhicules lourds qui circulent en centre-ville et freinent fréquemment, comme les bus ou les bennes à ordures, contribuant de manière significative à cette pollution invisible mais bien réelle.
Des solutions existent !
Il est urgent d’agir, et pas seulement pour se conformer à la réglementation européenne. L’action publique pour améliorer la qualité de l’air ne peut plus se limiter à la seule réduction des émissions des moteurs thermiques. Certains territoires montrent la voie, comme à Mulhouse Alsace Agglomération (m2A), à Paris et dans le RER francilien, où une technologie innovante est testée, qui permet de capter au moins 70 % des particules fines issues du freinage.
Pour aller plus loin, l’amélioration de la qualité de l’air doit désormais s’appuyer sur un ensemble de leviers. Premièrement, il est devenu indispensable de renforcer la surveillance et la mesure de la pollution dans les centres-villes espaces confinés pour cibler les zones à risque. Deuxièmement, les décideurs publics doivent intégrer, dans les marchés publics et les flottes urbaines, des technologies complémentaires pour réduire les émissions liées au freinage. Enfin, il est également de la responsabilité des constructeurs et des industriels d’intégrer des nouvelles technologies à leurs véhicules afin d’en limiter l’empreinte environnementale. Et contrairement aux idées reçues, ceci n’est pas coûteux. Selon Airparif, entre 2010 et 2019, chaque euro investi dans l’amélioration de la qualité de l’air a permis d’économiser dix euros en coûts sanitaires et économiques évités.
Agir dès maintenant
Les décideurs publics et les industriels ont aujourd’hui la responsabilité de prendre la mesure de cet enjeu et d’anticiper. C’est un impératif de santé publique, mais aussi une source d’économies durables et une opportunité économique pour les territoires. En s’engageant dans cette voie, les collectivités et les entreprises font le choix d’une transition écologique concrète et mesurable, au service de la vie quotidienne des citoyens.
L’air que nous respirons est un bien commun. Le préserver n’est plus un choix : c’est une urgence collective.
Fabian JORDAN, Président de Mulhouse Alsace Agglomération (m2A), Maire de Berrwiller,
Président de l’Association des Maires du Haut-Rhin, Vice-Président d’Intercommunalités de France
Jean-Louis JUCHAULT, Président de Tallano Technologies






